Comment fais-tu, tu t'entraînes pour ça ? J'entends une voix derrière moi. Nous sommes en train de descendre une pente assez technique et difficile. Je suis plutôt rapide, meilleure que les deux autres coureurs. Il est surpris qu'on puisse courir vite en descente. Comment je fais, je hausse les épaules. Je pourrais te demander comment tu fais pour respirer. Je ne réfléchis pas, je cours, naturellement avec joie. Et c'est comme ça.
Il n'y a pas si longtemps, j'ai réalisé que je ne voulais pas considérer la course à pied comme une simple activité complémentaire pour tuer le temps. Mais que je veux vivre à travers elle. Je sais, c'est un cliché énorme, mais essayez d'y réfléchir. N'est-ce pas agréable d'avoir quelque chose comme ça ? Savoir que vous avez quelque chose vers quoi vous enfuir, qui vous aidera à gérer le stress, la douleur ou simplement à amplifier le sentiment de joie ? C'est incroyablement libérateur.
Je suis le genre de personne qui pense à tout (parfois même trop). Et j'apprécie les moments où je suis complètement déconnecté. Cela arrive rarement, mais l'un de ces rares moments est une longue course. Je trouve que plus c'est long, mieux c'est.
Comme il y a quelques semaines, lorsque j'ai couru l'un de mes premiers ultramarathons (qui est une distance plus longue qu'un marathon), et je peux dire que je l'ai vraiment couru sans crise majeure ni longue marche. Il s'agissait de la course Trailmanics, où j'ai choisi un parcours de 47 km (il faut bien commencer quelque part !).
Pendant ce temps, je me concentre uniquement sur moi et ma course. Tout le reste semble rester loin derrière moi ou loin devant moi. Un tel "black-out" de pensées pendant 6 heures, c'est quelque chose. Il me faut aussi environ 5 minutes après avoir franchi la ligne d'arrivée pour que le premier mot sorte de ma bouche. Mais je me sens absolument bien et reposé (psychologiquement bien sûr :D).
J'entends souvent dire pourquoi des courses aussi longues, que c'est une souffrance et pourquoi tout ça. Je ne me tourmente pas, ça m'amuse et ça m'aide à aller de l'avant, là où mon autre moi, qui ne court pas, aurait abandonné depuis longtemps. Et c'est pour ça que je le fais, je médite en mouvement.


















































































































