Nous sommes le 14 octobre 2021, lorsqu'un groupe apparemment disparate de personnes que je connais bien et d'inconnus se réunit à l'aéroport de Prague. Tous ont cependant le même objectif : s'envoler pour la capitale du Népal, Katmandou. En fait, il manque une personne ici, à savoir Daw (qui arrivera plus tard) et il y en a une en trop (un certain Kuba Kácha, alias Ratlík, qui se rend au Népal par ses propres moyens). Nous autres, nous partons de manière organisée pour un événement organisé par Honza « Tráva » Trávníček, qui, avec Miri et Subin, préparent déjà tout avec soin directement à Katmandou. Le but de toute l'expédition est en effet un trek au pied du Lobouche Est, un sommet de plus de six mille mètres, avec l'ascension de son sommet. Pour certains, cela doit être la fin de la course aux sommets de l'Himalaya et pour d'autres, seulement une acclimatation nécessaire avant l'objectif principal, la montagne emblématique Ama Dablam, qui est l'une des plus belles montagnes de tout l'Himalaya central. Et en fait, grâce à sa forme parfaite, c'est l'une des plus célèbres hautes montagnes du monde, bien que son altitude n'atteigne même pas tout à fait la barre des sept mille mètres.
De Katmandou, tout le groupe, sous la direction de notre guide et frère Ongchunga Sherpa, s'envole dès le 16 octobre vers le point de départ de toute l'expédition : Lukla. Seul le soliste Ratlík reste encore quelques jours à Katmandou (je dirais qu'il fouille les poubelles et s'équipe pour la montagne☺)... Les prévisions ne nous promettent certes pas un temps formidable pour les prochains jours, mais cela ne devrait pas nous limiter de manière significative. L'essentiel est que les conditions nous permettent de nous envoler pour Lukla et que nous n'ayons pas à attendre inutilement d'autres jours en ville... Nous pourrons facilement faire face au mauvais temps en marchant. L'activité quotidienne ne dépasse de toute façon pas les 4 à 5 heures de marche lente. L'altitude doit de toute façon être prise très lentement à ce stade. Cela permet d'éviter bien des désagréments.
Lobuche Est
Le Lobuche East est un sommet d'acclimatation ou de trekking bien connu dans la région du mont Everest. Altitude : 6 119 m.
L'Himalaya automnal a une atmosphère complètement différente de celle du printemps. Les fleurs de rhododendrons ont disparu et des feuilles jaunies jonchent le sol. La nature embaume toujours un mélange de bosquets de sapins et de rhododendrons environnants, et de plus, le temps commence à s'améliorer. Un automne magnifique s'annonce, qui ne nous quittera pas pendant toute la durée de l'expédition. Seulement, au sommet, le vent ne cesse de souffler, comme le révèle la neige tourbillonnante à proximité des plus hauts sommets, tels que le Lhotse Shar, le Lhotse ou le Mont. Everest.
Dix jours de trekking authentique et véritable passent comme l'eau, et après avoir franchi plusieurs sommets, cols et petits cols, nous arrivons au camp de base sous le Lobouche Est. Nous avons ici tous les services et le confort. Dommage que nous n'y passions qu'une seule nuit. Je me réveille avec des nausées. L'altitude d'environ 5 200 mètres se fait sentir. Je vais me soulager derrière un rocher, puis je grimpe plusieurs fois sur une pierre. Je dois faire de l'escalade de bloc... ☺ Le matin, je me sens mieux. Le premier groupe, plus « lent », est déjà en route avec Ongchung et Tenzing. Kuba, Tadeáš, Rosťa, Martin et moi partons à la lumière du jour. Ah oui, j'allais oublier ! Un soir, alors que nous dormions déjà, Ratlík est apparu au camp de base. Il a monté sa tente et le matin, il disparaissait déjà vers un sommet. Ça commence un peu à me gonfler de le voir courir partout comme ça… mais bon, c'est un jeune, qu'il fasse ce qu'il veut !
Avec les garçons, nous montons assez rapidement sur les dalles de granit et prenons de l'altitude. Je vois Ratlík et Tadeáš devant moi. Il est en bonne forme… Kuba est un peu à la traîne, il en profite toujours un peu plus. Tráva, qui est sorti en dernier avec Miri, m'annonce à la radio que Kuba va les rejoindre tranquillement. Nous sommes donc trois maintenant. Moi, Martin et Rosťa.
Au niveau du camp d'altitude (qui est rarement utilisé), nous voyons un grand groupe de personnes sur les cordes fixes et un grimpeur loin devant elles. Nous sommes les seuls sur la colline, donc ce doivent être les nôtres. Et ce Tenzing les sème joliment, on s'étonne… Tadeáš nous attend sur un éperon neigeux. Quel phénomène celui-là ! Il est en forme et gèle volontairement pour nous attendre. Nous observons ensemble pendant un moment tout le groupe au-dessus de nous. Le terrain est certes raide, mais continuellement sécurisé par des cordes fixes. Le groupe au-dessus de nous avance pourtant très lentement. L'altitude commence visiblement à se faire sentir. Ils évoluent à une altitude juste en dessous de la barre des six mille mètres. Notre petite équipe est un peu plus rapide et nous avançons sans utiliser de cordes jusqu'à Martin, qui commence à en avoir assez. Il a choisi une journée plus faible aujourd'hui. Rosťa l'aide avec son sac à dos et je le rafraîchis. Une bonne équipe qui se complète et s'entraide est essentielle…
Soudain, nous voyons quelqu'un descendre rapidement. On se dit que ce Tenzing est un vrai dur à cuire… Quelle n'est pas notre surprise quand nous reconnaissons Ratlík dans la personne qui descend. Il a vraiment foncé. Il revient déjà du sommet. Ratlík nous raconte rapidement qu'il est arrivé un peu après le sommet de trekking, où des surplombs dangereux l'ont empêché de continuer vers le sommet principal. Apparemment, il n'y a pas de cordes fixes là-bas, donc personne n'y va… Apparemment, nous ne sommes qu'à un court trajet du sommet de trekking, environ une demi-heure…
Juste en dessous du sommet, nous rencontrons le groupe d'Ongchu qui revient. Je félicite surtout Marcela, je suis content que ça l'ait fait… Dans une minute ou deux, nous sommes déjà aux drapeaux de prière au « sommet ». Mais… le « vrai » sommet se trouve encore à environ 200 mètres plus haut et bien plus loin sur la gauche. Il y a une arête désagréable pleine de neige fraîche et de corniches traîtres qui y mène. C'est précisément pour cette raison que Ratlík a fait demi-tour. Pour un alpiniste solitaire et sans trace, c'est un risque plus qu'excessif.
Nous sommes maintenant quatre au sommet. Tadeáš et Martin n'ont pas d'autres ambitions d'aller plus haut. Nous convenons avec Rosťa que nous allons essayer. Je sors même de mon sac à dos environ 30 mètres de corde à double de sept millimètres. En tout et pour tout, nous avons chacun un piolet, une broche à glace, quelques prusiks et des sangles plates. Mais nous allons plutôt compter sur le contrepoids en cas de chute avec un surplomb arraché. Reliés par une corde de sept millimètres, nous nous relayons pour tracer la voie vers le sommet. Juste avant le sommet, une neige presque verticale nous arrête, descendant vers la selle sous le sommet principal. Sans une corde assez longue, nous n'avons aucune chance de descendre en rappel… Finalement, nous nous assurons mutuellement à plusieurs reprises à l'aide de quelques « deadmen » enterrés. Dans la selle, nous sommes cependant obligés de nous attaquer à nouveau à un autre obstacle sous la forme d'une dalle rocheuse lisse d'environ quinze mètres. Peut-être qu'un piton pourrait être enfoncé ici, au moins comme relais. Mais nous n'en avons pas. Je vois une vieille sangle suspendue à environ 7 mètres au-dessus de moi. Nous devons simplement l'atteindre d'une manière ou d'une autre. L'escalade est un peu désagréable, j'enlève mes gants. Je grimpe directement sur le bord de la dalle jusqu'à un endroit où l'on aperçoit à droite une fine fissure. Quelques pas délicats en adhérence en traversée et je la tiens déjà. Ouf, assuré uniquement par Rosťa, debout sur la crête au-dessus du précipice tombant sur le versant est de la montagne. Je clippe un mousqueton dans la sangle, qui est enfilée dans un bon piton. De là, le terrain est plus facile. J'aurais juste besoin de faire un relais pour récupérer mon compagnon de cordée. La seule possibilité est une broche à glace dans un petit glaçon… Rosťa est là dans un instant. Il me contourne par la droite et continue directement sur des neiges faciles jusqu'au sommet. Quand la corde arrive au bout, je me lance à sa suite. Dans cinq minutes, nous sommes tous les deux en haut. Nous en avons assez ! Nous admirons les vues environnantes et nous nous sentons bien. Il fait assez chaud, alors nous en profitons pleinement. Nous sommes d'accord pour dire que même si nous ne faisions plus rien d'autre, cela en valait vraiment la peine !!!
Il est maintenant beaucoup plus facile de retourner au camp de base, et nous sommes en bas en moins de deux heures. Dommage que Tráva ait prévu de descendre jusqu'à Dingboche aujourd'hui. Quelle idée ! Nous marmonnons et jurons à l'unisson, et au moins pour un moment, nous avons un ennemi commun.☺ Après quelques bières à Dingboche, tout est oublié...
Le lendemain, Daw est également allé au sommet... en solo ☺ !


















































































































