Depuis ce printemps, lorsque j'ai écrit la 1ère partie de cet article, une étape importante de ma formation IFMGA a eu lieu, à savoir les examens finaux. Et croyez-le ou non… fanfare, confettis, champagne… j'ai réussi. J'ai déjà reçu l'insigne de sagesse cool et je peux m'en vanter dans les bars et les montagnes. En tout cas, je consacre la deuxième partie de cet article aux examens d'admission et la troisième partie à la formation elle-même que j'ai suivie et je vais vous expliquer comment cela fonctionne chez nous et à l'étranger.
Avant de pouvoir intégrer cette "école", il faut passer des examens d'entrée qui se composent de trois parties : la remise d'une liste de randonnées effectuées, un examen d'hiver et un examen d'été. Chez nous, les examens d'entrée ont lieu une fois tous les trois ans. Quand une promotion se termine, une autre commence. En général, environ 15 à 20 personnes s'inscrivent et environ 5 à 10 réussissent. Contrairement aux pays alpins, nous sommes une association et une formation très familiales. Par exemple, en France, environ 150 à 200 personnes s'inscrivent chaque année, 20 à 40 réussissent et trois promotions se déroulent en même temps.
La liste des courses est une liste des ascensions qu'une personne a effectuées au cours des cinq dernières années et constitue une preuve et une condition préalable de sa polyvalence et de son expérience en montagne. Les voies d'escalade estivales (courses classiques et grandes voies) et hivernales (voies de glace et mixtes) ainsi que les randonnées de ski-alpinisme en terrain non glaciaire et glaciaire sont requises. Des critères tels que la longueur de la paroi/course, son dénivelé, son caractère et sa difficulté sont donnés pour les courses. Plus que la difficulté d'escalade de la course, l'accent est mis sur le caractère traditionnel et la complexité de l'ascension (difficulté d'orientation, d'accès, de descente, d'assurage, …). En bref, plus le bordel est grand, moins il y a d'assurance et meilleures sont les roches, mieux c'est. Cela signifie que pour une longue randonnée d'arête dans le Valais, vous obtiendrez une meilleure note que pour une grande voie en surplomb de 8a dans le Verdon. En bref, l'accent est mis sur le mouvement et l'orientation en terrain d'escalade/ski alpinisme facile.
L'épreuve hivernale dure deux jours, la nôtre s'est déroulée dans les monts Krkonoše. Un jour de ski et un autre de glace, de mixte et de cramponnage. L'épreuve de ski se déroule d'abord sur piste, puis en hors-piste. Si quelqu'un pense que skier sur piste ne sert à rien pour ça et que c'est du gâteau, comme je le pensais, qu'il suive plutôt un cours d'instructeur de ski C chez Apulu (Association des professeurs de ski professionnels) à l'avance. Ce cours est de toute façon requis plus tard au cours de la formation. Les guides examinateurs sont d'excellents skieurs avec les plus hautes licences d'enseignement du ski, ils ont l'œil sévère et savent vraiment skier sur piste et en freeride. Ceux qui ne le savent pas encore découvriront bientôt qu'une bonne technique de ski sur piste est également nécessaire pour bien skier en hors-piste. Le deuxième jour, on va sur la glace et il faut montrer une progression sûre et calme dans la glace verticale, mais aussi la marche avec des crampons (cramponnage) et le travail avec un piolet de randonnée sur un terrain de glace et mixte dit « léger ». C'est un parcours du combattant qui vérifie si l'on sait bien et sûrement marcher avec des crampons sur la neige, le rocher et la glace, ce qui est généralement très sous-estimé et négligé dans nos régions d'alpinisme tchèques.
L'examen d'été dure également deux jours. Un jour, on grimpe en chaussons d'escalade sur des rochers, où il faut grimper à vue en toute tranquillité une difficulté de 6b (pour la note de passage) à 6c/+ (pour la note la plus élevée). Cela peut sembler simple pour certains, mais la grande majorité du travail des guides de montagne se déroule sur des terrains plus faciles, de sorte que la performance sportive n'est de loin pas le critère principal. Le deuxième jour, on grimpe uniquement en chaussures de montagne et en solo. Et l'on examine également les connaissances de base en matière de méthodologie (établissement de protections, relais, gestion des cordes, assurage, …).
La devise générale des examens d'entrée, de la formation et de la pratique est la suivante : la vue d'un guide de montagne sur le terrain doit rassurer, inspirer confiance, certitude et dissiper les doutes.
À l'étranger, les examens d'entrée sont très similaires, avec quelques différences dans le contenu et l'organisation, mais globalement, l'IFMGA s'efforce de faire en sorte que les examens d'entrée se déroulent de manière similaire partout et qu'il y ait une norme similaire. Des échanges internationaux de conférenciers sont organisés et les différentes associations invitent des conférenciers étrangers à leurs cours afin de favoriser l'enrichissement général, la discussion et le "calibrage" de la formation et du travail. Ce n'est pas un processus obligatoire, toutes les associations nationales membres à part entière de l'IFMGA sont souveraines et peuvent organiser leur formation sans l'intervention de conférenciers étrangers, mais c'est une pratique courante et c'est au moins un bon outil diplomatique pour entretenir de bonnes relations. Il convient de mentionner que l'association tchèque est très active à cet égard, elle entretient des contacts avec les Français, les Autrichiens, les Polonais, etc., ce qui est formidable car nous, les Tchèques et les autres nationalités sans montagnes dignes de ce nom, sommes la plupart du temps des invités et une bonne réputation dans les montagnes, dans les refuges, etc., facilite grandement la vie, et vice versa. Cela vaut bien sûr également pour les alpinistes et les skieurs ordinaires en général.
Texte : Danny Menšík


















































































































