ZdenÄk HĂĄk, alias HĂĄÄek.
ZdenÄk "HĂĄÄek" HĂĄk. Alpiniste, skieur, guide de montagne. Cette annĂ©e, avec Marek HoleÄek, ils ont rĂ©alisĂ© la premiĂšre ascension de « Satisfaction » sur le Gasherbrum, un sommet de plus de 8 000 mĂštres, et sont entrĂ©s dans lâhistoire de lâalpinisme de haute montagne. Il vit Ă Rokytnice et a deux enfants.
HĂĄÄek, tu es allĂ© dans lâHimalaya pour la premiĂšre fois et tu y as tout de suite fait lâune des voies les plus difficiles.. Peux-tu mâexpliquer ça ?
DâaprĂšs la description de MĂĄra et dâaprĂšs les photos, je savais que cette voie devrait me convenir. J'avais de l'expĂ©rience de l'altitude grĂące au NoĆĄak, oĂč nous Ă©tions Ă sept mille cinq cents mĂštres, donc en ce qui concerne la condition physique, je n'avais pas beaucoup de doutes. Et techniquement, j'Ă©tais aussi presque convaincu que j'en Ă©tais capable, alors MĂĄra et moi, on s'est tapĂ© dans la main. Ce qui me terrifiait le plus, c'Ă©tait le trek de six jours au pied de la montagne, je dĂ©teste marcher. Une acclimatation minutieuse, au cours de laquelle nous avons mĂȘme rĂ©ussi Ă faire la premiĂšre ascension du sommet avancĂ© du Gasherbrum. Ensuite, plus rien ne m'a surpris, c'Ă©tait exactement comme je l'imaginais. Et il est difficile de s'exprimer sur la classification. Cela dĂ©pend beaucoup des conditions, mais je dirais que la cotation est juste. Si quelqu'un n'est pas d'accord, qu'il aille l'escalader et on en reparlera. AprĂšs tout, la classification ne m'intĂ©resse pas du tout, ce qui m'intĂ©resse, c'est la ligne et elle est magnifique. Et la montagne, elle est magnifique aussi. Peu importe le prix.
Est-ce que c'est différent là -haut ?
C'était mon premier sommet de plus de 8 000 mÚtres, et comme le dit Måra, il n'y a vraiment rien sur cette montagne. On ne l'apprécie qu'aprÚs coup. Mais comme il y a peu d'air, la sensation est similaire à celle d'avoir la gueule de bois. En gros, une gueule de bois plus chÚre :)







N'avais-tu donc pas peur ou de respect pour l'Himalaya ? L'Himalaya me semble terriblement inaccessible, réservé à des durs à cuire... On se demande ce qu'on pourrait bien y faire... Tu es arrivé là -bas pour la premiÚre fois et directement comme ça, sans ménagement ?
Moi aussi, c'est l'impression que j'ai eue. Quand j'ai commencé à grimper dans les Alpes et que j'ai par exemple gravi le Mont Blanc, je me suis dit, putain, je suis complÚtement nul ici, qu'est-ce que j'irais faire dans l'Himalaya ? Mais quand on s'acclimate bien, qu'on s'adapte à ces hauteurs, qu'on n'est pas complÚtement à cÎté de la plaque, qu'on est juste une personne normale comme nous, alors j'ai découvert que c'était possible. Il suffit de tenir le coup ! :) Ne pas avoir à aller au travail, avoir l'argent pour pouvoir s'acclimater, et ensuite, ça marche. Personne n'a besoin d'avoir peur de ça. Il faut avoir une certaine expérience de base en montagne, mais personne qui fait un peu de sport n'a à avoir peur. Au contraire, ce qui m'a surpris, c'est que des gens qui ne feraient pas le poids ici sur le sable font des ascensions normales sur des sommets de plus de 8 000 mÚtres.
Tu as dit quelque part que tu n'Ă©valuerais pas cette ascension plus haut que n'importe quelle autre expĂ©rience en montagne ou mĂȘme en escalade... Est-ce vraiment le cas ?
C'est ce que j'ai dit et je me suis fait gronder par Måra pour ça. L'histoire a été réécrite ici... :) Je voulais dire que le chemin me convenait et je n'ai pas vécu de crise terrible là -bas. Ce qui m'est arrivé plusieurs fois dans une voie de sixiÚme degré ici à Zbiroh. Donc, dans ce sens.





Tu gagnes ta vie en tant que guide de montagne UIAA. En quoi consiste ce travail ?
Il faut d'abord beaucoup d'efforts et d'argent pour obtenir cette certification. Chaque semaine, tu pars en stage, tu y apprends un nĆud, tu paies quinze mille, tu as appris une demi-bouline, et ainsi de suite pendant deux ans. AprĂšs deux ans, tu passes l'examen final et tu peux commencer Ă guider. Je fais ça depuis sept ans maintenant. On a toujours une marge de progression, je sens que je me suis amĂ©liorĂ© dans certains domaines, mais bien sĂ»r, c'est au dĂ©triment d'autres choses. Regarde par exemple comment je grimpe sur le sable en ce moment. Il arrive qu'on passe tout l'Ă©tĂ© dans les Alpes. Peut-ĂȘtre que j'aimerais augmenter mes tarifs et grimper davantage sur le sable. Sinon, je ne guide pas sur le sable, enfin, pas pour de l'argent. Il m'arrive d'emmener certains de mes clients, mais c'est gratuit et je dois savoir que cette personne a une affinitĂ© avec les rochers. Le sable m'a appris tout ce que je sais et je ne me permettrais pas de le gĂącher ici. Donc, sur le sable, c'est uniquement gratuit et avec quelqu'un que je connais bien. En hiver, j'emmĂšne ensuite des clients en SuĂšde pour faire de l'hĂ©liski, je fais ça pour Robin Kaleta.




Vous avez probablement skiĂ© partout dans le monde, oĂč avez-vous prĂ©fĂ©rĂ© skier ?
C'est Ă Rokytnice chez nous que je prĂ©fĂšre, c'est lĂ que j'ai commencĂ© et c'est lĂ que j'adore ça. Parfois, le soir, je monte juste Ă DvoraÄky, j'y prends une biĂšre et je redescends. J'aime beaucoup ça.
Quelle est ta falaise préférée ?
Personne ne m'a jamais posĂ© cette question, alors je peux te le dire. C'est VyĆĄehrad Ă Zbiroh. Belle vue sur le JeĆĄtÄÄ, sur PanƄåk. Et parfois je viens ici juste comme ça, je grimpe dans la cheminĂ©e et je m'assois ici et je rĂ©flĂ©chis. Parfois, mĂȘme avant une dĂ©cision de vie fondamentale, je viens ici et je mĂ©dite.
HĂĄÄek porte :
On dirait que tu passes la plupart de ton temps quelque part dans les montagnes, sur la route, loin de chez toi. Une telle vie dâaventurier.
Il se trouve que jâai fait quelque chose dont on parle, mais peut-ĂȘtre que dans un an, je ferai autre chose, de totalement inintĂ©ressant. Je dirais que câest plutĂŽt une coĂŻncidence, je ne suis certainement pas un aventurier. Je suis plutĂŽt un type familial :)









Honza Ć imĂĄnek a posĂ© des questions pour Hanibal
Photo : archives de ZdenÄk HĂĄÄek HĂĄk
















































































































