GRIVEL : deux siècles de crampons et de pioches
De nombreuses entreprises d'équipement de plein air célèbrent récemment divers anniversaires. Tilak a récemment fêté ses 25 ans d'existence, Hanibal approche de ses vingt ans... et il existe d'innombrables entreprises de ce type dans le secteur du plein air. Et puis il y a Grivel. L'entreprise familiale d'équipement d'alpinisme située au pied du Mont Blanc fête cette année ses 200 ans de fondation. Oui, deux siècles, sept générations et des dizaines de premières dans un domaine qui a repoussé les limites de l'effort humain pour conquérir les sommets qui ont toujours été à portée de main. Regardons de plus près ces deux siècles !
La vie au pied de la plus haute montagne d'Europe
Grivel a toujours été situé à l'extrémité de la vallée d'Aoste, dans la ville de Courmayer, d'où l'on peut voir directement les versants sud du Mont Blanc, les magnifiques crêtes de Peuterey, Brouillard et Innominata, le glacier de la Brenva et d'autres géants comme le Dent du Géant, l'Aiguille du Rochefort ou les Grandes Jorasses. C'est ici, en 1818, que Cassiano Grivel a réorienté l'activité de sa forge, passant des outils agricoles aux outils d'alpinisme. Et le premier piolet a vu le jour.









Domeneo Grivel, qui vécut de 1831 à 1900, s'attribua ensuite une autre première. Il s'agissait des premiers crampons, du moins sous la forme de dispositifs antidérapants, comme nous les appellerions aujourd'hui. Les véritables crampons à dix pointes, sous la forme où ils ont été utilisés par exemple lors des premières ascensions de l'Everest, ne sont apparus que sous la direction d'Henri Grivel.
Mais quelques années plus tard, tout était à nouveau un peu différent. L'entreprise a été reprise par Laurent Grivel et, malgré une forte opposition du public spécialisé, il a commencé à promouvoir les crampons à pointes avant. Par exemple, les gentlemen britanniques, qui ont choisi un modèle classique plus ancien sans pointes avant pour la première ascension de l'Everest en 1953, les ont rejetés avec beaucoup d'obstination. L'expédition italienne, qui a réussi la première ascension du K2 en 1954, a en revanche utilisé de manière progressive le nouveau modèle à pointes avant.









L'obstination et le conservatisme des Britanniques sont également confirmés par le fait que les crampons à douze pointes ont permis en substance la première ascension de la face nord de l'Eiger dès 1938. Heinrich Harrer et Fritz Kasparek, qui n'avaient pas de crampons à pointes avant et n'ont pas beaucoup progressé après deux jours d'escalade, ont ensuite décrit le duo autrichien Anderl Heckmair et Ludwig Vörg, comme s'ils couraient littéralement sur le mur derrière eux. Ce sont précisément ces deux grimpeurs, propriétaires de crampons Grivel avec des pointes avant, qui ont mené tout le groupe austro-allemand au sommet.
Camillo et Aimé Grivel ont continué à développer l'entreprise familiale et, sous leur direction, les produits sélectionnés ont pris la forme à laquelle nous sommes habitués aujourd'hui. Mais c'est surtout à l'époque de Valter Grivel que cela s'est vu, lorsque les premiers piolets avec une poignée en métal ou même avec une pointe tubulaire sont apparus.













Dans les années 80, l'entreprise est rachetée par Gioachino Gobbi et, avec sa famille, il la fait progresser à nouveau. C'est ainsi qu'est né, par exemple, le Super Courmayer System, le premier piolet avec des pointes interchangeables, que tout le monde appelle au début un jouet d'enfant. Plus tard, il invente également la forme actuelle de la géométrie du piolet d'escalade, les éjecteurs de neige brevetés pour les crampons (déjà en 2003, personne n'en a fabriqué d'aussi efficaces à ce jour).
Ces derniers temps, l'entreprise s'est surtout fait remarquer en promouvant les mousquetons à double loquet (TwinGate), l'utilisation massive du carbone et, enfin, l'installation de panneaux solaires sur le toit de son site de production actuel, situé à environ 30 minutes de route au sud de Courmayeur. Il s'est ainsi assuré l'autosuffisance électrique.
Si vous souhaitez visiter le magnifique musée de l'entreprise, vous le trouverez dans l'ancienne usine directement à Courmayeur sous le nom de Grivel Espace. Et le plus probable est que Gioachino Gobbi, qui a transmis la direction de l'entreprise à son fils Olivier, vous y fasse visiter.


Grivel aujourd'hui et demain : que nous réserve l'avenir ?
Grivel est véritablement devenu un leader dans la fabrication de crampons, piolets et vis. Mais cela ne s'arrête évidemment pas là, de sorte qu'il continue à proposer toute une série d'autres produits dans son portefeuille. Qu'il s'agisse de casques, de mousquetons ou de sacs à dos.
Lors de notre visite, nous avons photographié pour vous au moins quelques nouveautés que vous pouvez bientôt attendre avec impatience !



































































































































